OverHop Canada lançait, jeudi dernier au Vices & Versa, leur deux bières One Love et Hazy qui sont disponibles maintenant en canettes. Soirée très sympathique avec beaucoup de visages connus, particulièrement de membres d'Oshlag, là où sont brassées les bières d'OverHop.

Il y avait également un lancement à Toronto en décembre dernier de leurs bières brassées en Ontario. Il semble que les bières brassées là-bas utilisent des ingrédients produits localement et il est de même avec les bières brassées au Québec qui utilisent des ingrédients québécois. En Ontario, OverHop Canada est associé avec Common Good Brewering localisé à Scarborough.

La scène brassicole Brésilienne

On ne peut pas dire que l'on connait ce marché en profondeur, loin de là, mais on croit qu'il est tout de même intéressant de s'attarder au contexte brassicole brésilien. Dans ce pays d'Amérique du Sud, produire des bières artisanales coûte très cher. Le prix des ingrédients y est élevé en plus d'une gamme un peu plus restreinte de ces ingrédients. Par exemple, le houblon n'y est pas produit localement et le choix des levures n'y est pas aussi vaste. Sans parler des taxes qui y sont plus sévères et qui s'élèvent à 54.8 %. Cela signifie qu'une bière artisanale peut coûter trois fois plus chère qu'une bière de macrobrasserie. Le marché de la microbrasserie grossi de 40% chaque année, malgré le fait qu'il en représente que 1% du marché total.

Historiquement, il y a eu une influence allemande avec des immigrants qui sont arrivés dans les années 1800. D'ailleurs, l'Oktoberfest de Blumenau dans le sud du Brésil est l'un des plus gros festival au monde attirant quelques 730 000 visiteurs. Par la suite, les bières de spécialités au Brésil étaient surtout des bières Belges. Il y a donc eu une bonne influence sur les brasseurs, tout comme ça été le cas ici. L'influence américaine sur la scène brassicole n'a pas épargné le Brésil. On le voit avec OverHop, mais plusieurs autres brasseries s'en inspirent également. On peut penser à Cervejaria Hocus Pocus dont leur catalogue est majoritairement composé de bières d'inspiration américaine ou bien Bodebrown qui ont à la fois des bières de style belge et des bières de style américain dans leur portfolio.

Une bière pour plaire aux touristes

Cervejaria OverHop a commencé ses activités commerciales au Brésil en août 2016, ce qui en fait une très jeune entreprise. Le brasseur, Rodrigo Baruffaldi, avait brassé trois ans maison avant de se lancer avec son frère Flavio Baruffaldi et son ami Rodrigo Barroso. Dans le cadre des Jeux Olympiques de Rio, ils ont voulu offrir une bière aux touristes qui allait leur plaire. On pense à cette époque que le mieux pour se faire est d'offrir des bières aux styles américains. Ils avaient commencé à cette époque avec la HopGodess, une IPA américaine à 6.5% et 60 IBU et la DarkHop, une Black IPA à 7% et 80 IBU.

Par la suite, OverHop a participé au Mondial de la Bière de Rio en octobre 2016 où ils ont remporté deux médailles d'or, une pour la Hazy, une New England IPA à 6.5%, 55 IBU, et la DarkHop.

Ils ont été invités par l'organisation du Mondial de la Bière à participer à l'événement montréalais à l'été 2017. Ils ont été largement remarqués, par la qualité de leurs produits, malgré le voyage long et périlleux (pensez SAQ) qui a eu un effet avec cet inventaire fragile, mais qui sont restés d'excellente qualité malgré tout. On peut sûrement y ajouter leur enthousiasme et leur accueil chaleureux (nous avons des points en commun avec les Brésiliens !) Leur but à l'époque était sans cachette : trouver un partenaire pour brasser de la bière ici.

À leur kiosque du Palais des Congrès, ils présentaient la HopGodess, la Sweet Sofia (une bière en l'honneur de la fille du brasseur), la Hazy, la OneLove et la DarkHop. Ils présentaient aussi une bière dite expérimentale, la Overlab Nelson Sauvain.

Plus tard, ils ont collaboré avec Harricana pour créer une stout au café et baies d'açaï : la 8199 qui a été présentée au Festival Bières et Saveurs de Chambly également l'été dernier.

La mise en marché

Malgré les plaintes et cette haine que certains peuvent avoir contre la SAQ et autres lois du Québec, la mise en marché est plus facile au Québec pour eux comparativement à l'Ontario. Il faut dire qu'Oshlag aide beaucoup en cette matière en ayant l'équipement pour brasser, entreposer et distribuer (avec Transbroue) au même endroit. Il a donc été relativement facile de pénétrer le réseau de détaillants spécialisés. En Ontario, avec les Beer Store et la LCBO, c'est un peu plus compliqué d'entrer dans ces points de vente. Même chez les chaînes de supermarché, le risque est grand puisque comme le disait Ricardo Rios, si un mois suivant ils ne parviennent pas à suffire à la demande du client, des pénalités seront imposés.

Côté marketing, ils se font remarquer. Leur design de crânes avec le concept de la mort, à la fois sketchy pour le logo et plus raffiné pour les étiquettes fait belle impression. La Hazy représente une fille avec la moitié du visage mortifié, ainsi que la OneLove avec une tête de mort dont les orbites circulaires ont des coeurs. D'autres représentations s'éloignent de ce thème et rejoint la mythologie grecque avec la HopGodess, mais ça reste peu représenté pour le moment.

L'équipe d'OverHop.
L'équipe d'OverHop.

Les bières disponibles

Tout comme nous l'avions mentionné, les deux bières disponibles pour le moment sont la Hazy et la OneLove. La première était présente au Mondial de la bière l'été dernier et les deux versions sont assez différentes. Celle du Mondial était d'abord plus trouble et d'une couleur plus brillante. Sa texture était plus intéressante. La version actuelle est quand même au peu translucide et plus mince. Il semble que ce serait un problème dû à cette dernière batch, mais c'est quand même dommage que ça arrive lors du lancement. Il y aurait déjà une batch en cours qui serait mieux. Celle du Mondial a eu des bretts dans la bière, que l'on disait volontaire à ce moment. Il semble que ce soit plutôt dû à une infection par une bière qui avait été encannée tout juste avant. Pour la version qui nous intéresse actuellement, elle n'est pas très fruitée (juicy) non plus. Pour le moment, la stabilité ne semble pas au rendez-vous avec OverHop, ce sera à voir si les prochaines productions seront mieux.

La Hazy d'OverHop (crédit photo : Paul-André Mailhot)
La Hazy d'OverHop (crédit photo : Paul-André Mailhot)

Pour la OneLove, la Double IPA, c'est une bière honnête. Elle qui a un profil de West Coast IPA. Une amertume est présente, mais pas tellement tranchante. Les céréales fraîches accompagnent bien l'ensemble et donne du corps à cette bière. Au niveau du goût, dans l'ensemble, elle ne s'exprime pas autant qu'on le voudrait pour une Double IPA.

La Black IPA, DarkHop est prévue être distribuée en avril prochain dans les points de vente déservis par Transbroue.

Sources