Avec Guillaume Sigouin

Dans le cadre d'une série de bières nommée Barils d'exception, Les Trois Mousquetaires (LTM) ont bien réussi leur coup en nous présentant un stout impérial en fût de bourbon 14 ans. Les gens de la microbrasserie du boulevard Matte ont élevé cette bière pendant trois mois dans le fût, ils y ont ajouté du bois d'érable en plus d'ajouter un café de Tanzanie-Caracoli infusé à froid. La Déjeuner Impérial, par son nom, laisse croire à une sorte de Breaskfast stout (impériale), un style qui n'existe pas à proprement dit (pas selon le BJCP), mais qui a comme caractéristique d'avoir de l'avoine et du café comme ingrédient, si on pense par exemple à la Founders Breakfast Stout.

Distribution

Annoncée sur la page Facebook de LTM, la Déjeuner Impérial a été lancée en même temps qu'un autre produit de la série Barils d'exception qui est une Porter Baltique en fût de bourbon 1978 2e remplissage avec prunes, abricots et brettanomyces. Les deux bières étaient disponibles directement à la porte, tout comme ce fût le cas pour les sorties de Double IPA et les dernières bières de la série Barils d'exception.

De la Porter Baltique, seulement 200 bouteilles de 750 ml étaient disponibles et une seule par personne pour l'achat. Même règle pour la Déjeuner Impérial, alors que 400 bouteilles étaient disponibles malgré le fait qu'elle n'a que 375 ml. Le format est formidable pour quiconque voudrait consommer une petite quantité de ce nectar. Cependant, malgré qu'on comprend bien que la limite d'une bouteille par personne a pour objectif de permettre au plus grand nombre de personnes d'en obtenir, deux bouteilles par personne aurait été préférable dans l'optique d'une dégustation entre amis. Le fait de diviser la quantité de bière en 400 bouteilles de 375ml au lieu de 200 bouteilles de 750ml, aurait probablement fait en sorte que des gens auraient pris qu'une seule bouteille, même si elle avait été limitée à deux. Ces personnes auraient été rares, mais quand même, ça aurait été possible.

Conception de la bière

D'après ce qu'on peut lire dans l'article de Beerism à ce sujet, pour la conception de la bière, le brasseur a voulu utiliser non seulement un très bon baril de bourbon ayant 14 ans d'âge, mais il a aussi voulu distinguer cette breakfast stout de la Porter Baltique en ayant beaucoup plus de malts rôtis, beaucoup moins de malts caramels et accompagné d'une quantité importante d'avoine.

Dans la perspective d'obtenir une bière rappelant le petit déjeuner, des arômes d'érable étaient recherchés. L'érable étant fermentescible, les arômes auraient pratiquement disparu lors de la fermentation de la bière. Si on l'ajoute après la fermentation, on augmente alors de beaucoup le taux de sucre de la bière. La solution a donc été d'ajouter des bâtons de bois d'érable.

L'infusion à froid permet aussi d'obtenir un goût de café plus frais dans le sens de plus goûteux, fruité et sucré, sans nécessairement avoir l'aspect trop acide et amérisant. Une technique qui s'appliquerait bien à cette personnalité que l'on souhaite définir à cette bière. De plus, la technique s'applique également bien à un café Tanzanie-Peaberry, caractérisé par une moindre acidité, ses saveurs plus fruités et le fait qu'il s'y trouve qu'une seule fève par fruit caféier (bon, ce dernier point n'a rien a voir avec la technique d'infusion à froid, c'est seulement pour votre culture personnelle).

Évaluation de la bière

Quand on verse la bière, un filet gras s'écoule dans le verre. D'un noir ténébreux, le liquide est accompagné d'un mince collet foncé, couleur moka, composé de bulles moyennes, qui se développe pour ensuite s'apaiser jusqu'à la disparition.

Des arômes de bourbon, chocolat, café et vanille parviennent au nez comme une douce invitation à un dessert cochon. En bouche, la texture est soyeuse, pas trop mince, pas non plus avec une viscosité d'huile à moteur.

Au goût, l'érable annonce sa présence initialement, assez légèrement, mais on la perçoit, en laissant place tranquillement à la vanille mélangée au chocolat puis au café. C'est une bière assez sucrée. Les malts rôtis se mélangent subtilement au tout. Malgré ses 50 IBU indiqués, on ne sent pas beaucoup d'amertume, quand même présente par le café, qui rappelle des notes d'expresso, mais aussi un peu écrasée par le sucre. En fin de bouche, le bourbon chaleureux et doux termine la marche avec un rappel doux d'alcool. On sous-estimerait aisément la bière qui se présente pourtant à la hauteur de 11.5 % d'alcool.

Notes sur la bière :

  • Apparence : 4/5
  • Arômes : 4.5/5
  • Goût : 4.75/5
  • Texture : 4.5/5
  • Note globale : 90%

Nous n'avons pas goûté encore la Porter Baltique Barils d'exception (Bourbon 1978 Remplissage No.2), mais considérant les éditions précédentes, les attentes sont plutôt élevées et nous ne manquerons pas de vous en faire part.